Des phénomènes mystiques édifiants...

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Inédie

L’inédie, que la médecine appelle anorexie, est un phénomène complexe : soit le patient refuse de s’alimenter, soit il s’en déclare incapable. L’anorexie hystérique procède d’un blocage psychique, d’une névrose. Toute autre est l’inédie mystique, non hystérique.

Les évangélistes ont rapporté le grand jeûne du Christ au désert, qui dura 40 jours. On retrouve le jeûne dans la tradition judaïque. De nombreux prophètes ont jeûné et appelé au jeûne. Une tradition millénaire orientale a privilégié le jeûne à caractère religieux, qui a valeur à la fois de pénitence et de préparation à la rencontre de Dieu, et au plan psychologique de mise en condition par exemple accéder à un nouvel état de conscience. Le jeûne est « purification et concentration de tout l’être vers sa finalité qui est Dieu » (Frère Marie-Silouane, cistercien de Sénanque).

Parmi les inédiques les plus célèbres : Ste Catherine de Sienne, Elisabeth von Reute, Louise Lateau, Marie Julie, Mollie Fancher, Thérèse Neumann, Marthe Robin, Giri Bala...

Les femmes surtout sont concernées par l’inédie. On constate que 15% des stigmatisés sont inédiques, et beaucoup visionnaires. Le jeûne est souvent précédé par une douloureuse épreuve physique ou morale finalement acceptée et surmontée dans un grand mouvement d’abandon, de don de soi, dont le but est l’amour.

 

L’inédie n'est pas une preuve de sainteté, mais elle peut être un signe, une voie, un moyen donné à l’homme pour transcender la matière. Reste le mystère des faits incontournables : Marthe Robin et Thérèse Neumann, non seulement ne mangeaient ni ne buvaient, mais stigmatisées, perdaient leur sang en abondance. Certains stigmatisés perdent 250 g de sang par jour, et le récupèrent sans s’alimenter. Y a-t-il à l’intérieur de la matière une source cachée d’énergie ? Pour Marthe, ce serait l’hostie, donc une énergie spirituelle.

Que se passe-t-il dans ce petit bout de pain azyme ? Le Verbe de Dieu s’est replié tout entier sur son germe, son point nucléaire, là où repose son essence, le moi de son moi. Et par cette concentration que seul un créateur des mondes pouvait obtenir, s’est produite une expansion indéfinie, une explosion atomique de l’Incarnation qui, par sa retombée, occupera tous les siècles de cette planète. Dans le repas eucharistique réside peut-être la clé du mystère chez les grands inédiques mystiques, qui se nourrissent du Verbe fait chair.

Hyperthermie

L’hyperthermie, phénomène assez fréquent chez les mystiques, se manifeste par une élévation extraordinaire de la température interne du corps, pouvant aller jusqu’à 50°, voire plus.

Sainte Angèle de Foligno (1250-1309) brûlait littéralement d’amour pour Dieu : « Il me fut donné un tel feu que, debout près de la croix, je me dépouillai de tous mes vêtements » (Le Livre des visions).

Sainte Catherine de Gênes (1447-1510), après une vie mondaine, était vouée « à souffrir comme le Christ », et pendant trois carêmes et autant d’avents, s’abstint de tout aliment solide, ne buvant qu’un mélange de vinaigre et de sel. Elle ne brûlait pas seulement du cœur, mais aussi des paumes des mains. Le 28 août 1510, elle parut s’embraser. 

Mère Séraphina Di Dio, carmélite de Capri, morte en odeur de sainteté en 1699 a été souvent vue en prière, la figure rayonnante comme une flamme, les yeux étincelants. Son sang bouillait. La chaleur demeura perceptible 33 heures après sa mort et ne disparut qu’après qu’on en eut retiré le cœur.  

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), visionnaire du Cœur de Jésus, écrivait : « Cette plaie (du cœur) me consume et me fait brûler toute vive ».

Saint Stanislas Kostka (1030-1079) était obligé d’appliquer sur sa poitrine des linges trempés d’eau froide pour tempérer l’ardeur de l’amour qu’il ressentait. 

Saint Philippe Néri (1515-1595), prêtre fondateur de l’Oratoire, le corps usé par l’ascèse et le jeûne, était parfois pris d’extase ne disant son office. Le feu interne était tel qu’il défaillait, une syncope le jetait sur son lit où il restait étendu une journée entière, sans autre maladie que celle de l’Amour divin. Il s’agit bien d’un phénomène physique, ce que confirme le rapport d’autopsie indiquant le déplacement des côtes, comme soulevées par une extraordinaire dilatation du cœur. Cette même dilatation a été observée chez St Paul de la Croix et chez Ste Gemma Galgani.

Saint Paul de la Croix (1694-1775) disait : « Je sens mes entrailles desséchées. J’ai soif mais pour étancher cette soif, je voudrais boire des torrents de feu ».

Sainte Gemma Galgani (1878-1903) : « Ce feu s’est tellement accru que je ne puis presque plus le supporter. Il m’empêche de dormir, de manger. Bien qu’il me délecte plus qu’il me torture, il m’épuise et me consume. O Dieu, vous êtes Flamme ! ».

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi (1565-1607) : Catherine de Pazzi, Patronne de Florence, où elle est née dans une famille de l’aristocratie et élevée dans le luxe de cette cité au moment le plus brillant de son histoire. Dès l’âge de 10 ans, elle est fascinée par la spiritualité. De tempérament à la fois mystique et sensuel, elle fait vœu de virginité et de chasteté perpétuelle à l’âge de 11 ans. Son corps et son esprit deviennent un champ de bataille où s’affrontent les aspirations mystiques et les pulsions charnelles, qu’elle tente de dompter avec privations, jeûnes, flagellations. A 17 ans, elle entre chez les Carmélites de Florence sous le nom de Marie-Madeleine.

Les phénomènes mystiques qui la concernent sont bien observés et ne peuvent être suspectés car ils ne concourent en rien à établir sa sainteté, qui sera reconnue malgré eux. Ses extases sont souvent journalières, remarquablement longues, déclenchées par un simple mot : « Jésus, mon Amour ». L’extase s’accompagne parfois de phénomènes inexplicables : perte de poids avec lévitation, extrême rigidité, pétrification. Certaines extases ont la particularité de déclencher en elle un incendie d’amour. Une hyperthermie embrase son corps et particulièrement son cœur. L’eau s’évaporait au contact de sa peau.

Sœur Maria Villani (1585-1670), dominicaine de Naples, elle exprimait sans cesse le désir d’être consumée d’amour divin. Pour calmer ses brûlures, elle buvait 15 à 20 litres d’eau par jour, dont la déglutition était suivie d’un grésillement, comme si l’eau se vaporisait sur une plaque chauffante. Elle avait été blessée au côté et au cœur par « une flamboyante lance d’amour », ce que confirma l’autopsie. L’ouverture du corps, neuf heures après la mort, révéla d’autres surprises : un sang clair et fluide s’écoula, une fumée et de la chaleur s’en exhalèrent. Le chirurgien dut attendre pour retirer le cœur sans se brûler. Ce cœur est demeuré incorrompu au moins jusqu’en 1673.

Sainte Elisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite de Dijon, elle aussi était devenue un feu dévorant. « Dieu est un feu dévorant, c'est son action que je subis ». « O feu consumant, Esprit d’amour, survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe, que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère ».

Saint Padre Pio : le 17 mars 1918, jeune moine capucin brûlant de l’amour de Dieu, il subit des examens médicaux à l’hôpital de Naples, et sa température stupéfia les médecins, faisant éclater les thermomètres à leur graduation maximale de 48°.

L’hyperthermie corporelle n'est pas l’exclusivité des mystiques chrétiens. Par concentration mentale, des yogis parviennent à la maîtrise de leur température interne.

Il faut replacer ces êtres incendiés de l’amour divin dans la signification profonde des sacrifices : l’alliance entre le Créateur et la créature par le sacrifice. Il y a une étroite relation entre le sang et le feu. Dans l’holocauste, le don du sang est porté à son plus haut degré : la créature est consumée, le sang anéanti. C'est la plus parfaite donation d’elle-même qu’une créature puisse exprimer. Au cœur de l’idée d’holocauste, je trouve la combustion. Au-delà de l’immolation, je m’avance vers la consommation. Au-delà de la mort, vers la résurrection. Au-delà de ce qui est, vers une surexistence que j’appelle sublimation. Le feu la symbolise, qui est à la fois consumant et consommant. Toute consomption est une figure de consommation, en laquelle on peut voir le terme final de toute évolution spirituelle, le moment où « Dieu sera tout en tous ». 

C'est le feu de l’Esprit qui achève le sacrifice du sang qui, se changeant en flamme, devient principe du monde nouveau.

A partir de "Les pouvoirs mystérieux  de la foi", Jean Guitton et Jean-Jacques Antier

© 2017 - ABC d'Ondine

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now