Blaise Pascal, cet effrayant génie...

19/06/2018

 

Né le 19 juin 1623, Blaise Pascal nous quitte en 1662, à seulement 39 ans. Une vie très courte, mais qui aura marqué à la fois le monde scientifique et le monde littéraire. Très jeune, il s’intéresse très jeune aux mathématiques, aux sciences naturelles, contribue à la construction d’une machine arithmétique et approfondit la recherche sur la pesanteur et le vide. Mathématicien de premier ordre, il publie un traité de géométrie à 16 ans, puis développe une méthode qui sera à l’origine du calcul des probabilités au 18ème siècle.

 

Ce qui fera dire à Chateaubriand en 1802, dans Le Génie du christianisme :

 

"Il y avait un homme qui, [...] à cet âge où les autres hommes commencent à peine de naître, ayant achevé de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur néant, et tourna toutes ses pensées vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu'à sa mort, arrivée dans sa trente-neuvième année, toujours infirme et souffrant, fixa la langue qu'ont parlée Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les courts intervalles de ses maux, résolut, en se privant de tout secours, un des plus hauts problèmes de géométrie, et jeta sur le papier, des pensées qui tiennent autant du Dieu que de l'homme : cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal".


Après une expérience mystique en 1654, Blaise Pascal se consacre à la réflexion philosophique et religieuse. Il écrit alors les "Provinciales" et les "Pensées" qui ne seront publiées qu’après sa mort.

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage de l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée.

 

Par l’espace l’univers me comprend et m’engloutit comme un point. Par la pensée, je le comprends".

 

Toute sa vie fut celle d’un croyant sincère. Il y a une continuité profonde entre ses activités de savant, de philosophe, et son aspiration religieuse de plus en plus ardente.

 

Sommet de sa vie religieuse, la soirée du 23 novembre 1654 immortalisée dans le  Mémorial, le conforte dans sa conviction : « Certitude, certitude, sentiment, joie, paix ».  Sa certitude est si profonde que sa quête de Dieu se fait quête pour les autres. Son amour ardent pour "le Christ en agonie jusqu’à la fin du monde" aiguise la conscience très vive qu’il a de sa responsabilité de croyant : « Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là ».

 

Mais devant la tranquille assurance des hommes de son temps, devant leur présomption sans honte ni limite, Pascal s’interroge : « Ce qui m’étonne le plus est de voir que tout le monde n'est pas étonné de sa faiblesse ». Aussi s’écriera-t-il, « le seul qui connaît sera-t-il le seul malheureux ? », comme en écho à la douleur de Saint François d’Assise et de ses disciples : « Je pleure parce que l’Amour n'est pas aimé ».

 

Par amour pour son Dieu et pour les hommes, Pascal met donc toute son ardeur à convaincre ses interlocuteurs de suivre son exemple. Mais comment attirer vers le vrai Dieu les athées, les indifférents ? Pascal en est persuadé : l’homme, au cœur même de ses activités effrénées et de ses divertissements, est en réalité un être malheureux, aspirant le plus souvent sans le savoir, à l’amour de Dieu.

 

Aussi Pascal dresse-t-il un tableau pathétique de la condition de l’être humain pétri de grandeur et de misère, perdu entre des extrêmes inaccessibles : « Car enfin, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ».

 

"Quelle chimère est-ce donc que l'homme [...]. Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l'univers".

 

"L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête".


"Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point".

 

A la fois misérable et bien grand puisqu’il en a conscience, l’homme peut aisément reconnaître dans ce portrait le paradoxe de son être, tiraillé entre des désirs contraires, incapable de découvrir le chemin du bonheur.

 

Pour Pascal, seule la religion permet d’éclaircir ce mystère. Créé à l’image de Dieu, l’homme garde en effet inscrit au plus profond de son être, le souvenir d’une grandeur à laquelle il aspire toujours : « L’homme passe infiniment l’homme ».

 

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